Une lueur courut sur les joues de Suzy.

— Je te raconterai cela plus tard ! répondit-elle, la voix involontairement baissée.

Germaine n’insista pas. Elle avait bien assez à faire de se répandre en effusions auprès de deux jeunes filles, ses « amies de cœur » toutes les deux, qui remplaçaient Gladys — une amie de cœur aussi ! — maintenant retournée en Angleterre.

Elle dit pourtant à Suzy :

— Tu dois être glacée par le brouillard !… Prends une tasse de thé ou de chocolat pour te réchauffer. Je vais te la servir !

Elle se levait déjà. Mais Suzy l’arrêta.

— Ne te dérange pas, je vais m’offrir tout ce dont j’ai besoin ! Ici, je me fais l’impression d’être un peu chez moi !

— C’est une excellente impression !… Suzy, tu es un amour et je t’adore ! fit Germaine reprenant avec empressement sa place entre ses deux chères amies.

— Ne pourrais-je, mademoiselle, avoir l’honneur de vous servir ? intervint Georges de Flers. Usez de moi, je vous prie, comme bon vous semblera.

Une flamme de plaisir glissa dans les yeux de Suzy.