— Ne vous préoccupez pas de moi, je vous prie. Il y a là une revue qui est fort intéressante, dit André dont le cœur s’emplissait de joie à l’idée de quelques instants de solitude auprès de Suzy.

Sans doute, la porte du cabinet de M. Douvry restait ouverte, mais la lourde portière en était retombée. Nulle présence étrangère ne s’interposait entre Suzy et lui dans le salon bien clos, où les bruits de la rue arrivaient assourdis et lointains.

Si seulement elle avait voulu lui dire quelques mots, lui permettre d’approcher d’elle…

Mais non, elle ne bougeait pas ; et lui, continuait à feuilleter la revue qu’il ne lisait point.

Tout à coup, dans le foyer, une bûche s’écroula, éparpillant des cendres enflammées.

Ce fut pour André le prétexte souhaité si ardemment.

Il s’avança vers la cheminée.

Suzy avait eu un léger mouvement, afin de rassembler les braises dispersées ; mais quand elle vit approcher André, elle reprit sa pose lassée, le front appuyé sur le marbre de la cheminée, les mains jointes sur ses genoux, dans un geste de découragement. Une à une, des grosses larmes ruisselaient sur son visage, mouillant sa robe, sans qu’elle songeât à les essuyer.

André tressaillit, étreint par une angoisse telle qu’il ne se souvenait pas d’en avoir jamais éprouvé une semblable.

Il se pencha vers Suzy et interrogea tout bas avec une douceur tendre, comme il eût parlé à une enfant :