— Avouez, mon oncle, que vous vous êtes bien plus amusé quand vous avez joué avec nous, au lieu de rester dans votre solitude, à nous observer de loin, comme un vieux philosophe, mes amies et moi… Mes amies surtout… Moi, vous avez, ici, toute facilité pour me disséquer !

— Qui vous fait imaginer, petite fille, que je m’abîmais en réflexions psychologiques ?

— C’est que, moi aussi, mon oncle, je commence à vous connaître !… Aussi voulez-vous ma modeste petite idée, pour votre gouverne ?… C’est que si vous continuez à être si difficile, vous ne me trouverez jamais la tante parfaite que vous souhaitez me donner…

— Quelle perspicacité ! Guillemette. C’est vrai, je me demande avec un peu d’inquiétude, si j’arriverai un jour à rencontrer la femme que je rêve.

— Ce sera celle-là ou une autre ! décide-t-elle philosophiquement… Si j’écoutais mon égoïsme, je ferais des vœux pour que vous ne trouviez pas tout de suite votre idéal !

— Parce que ?

— Parce que, quand vous l’aurez enfin rencontrée, vous ne penserez plus qu’à elle et vous vous soucierez de moi comme d’un brin de paille !… Or, je tiens à mes amis, à mes vrais !

Il la regarde, touché de l’aveu.

— Je ne crois pas possible que la tante idéale puisse jamais me détacher de vous, petite Guillemette.

— Bien sûr ? oncle.