Elle lance sa confidence comme on se jette à l’eau :
— Eh bien, monsieur, à certaines réflexions qu’a faites Guillemette, il m’a semblé… je crois qu’il vaudrait mieux pour elle… aller très peu chez Mme de Vausennes… Je n’ose pas avertir Mme Seyntis pour ne pas avoir l’air de me mêler de ce qui ne me regarde pas…
— Mais, mademoiselle, ce qui touche Guillemette vous regarde…
Le ton de l’oncle René est presque sévère ; et elle se demande une seconde, si elle n’est pas très coupable sans savoir de quoi…
— Oui, mais je ne peux pas avoir l’air de blâmer une société que Mme Seyntis autorise, murmure-t-elle, en détresse.
— Oui, c’est vrai, vous avez raison. Alors quoi ? qu’y a-t-il ?
— Je ne peux rien répéter de ce que Guillemette a dit devant moi du monde qu’elle voit chez Mme de Vausennes… Mais renseignez-vous et si mon impression ne m’a pas trompée, il vous sera facile d’avertir madame votre sœur, sans me mêler à votre conversation… Cela me ferait tant de peine que Guillemette risque de devenir autre qu’elle n’est !
René regarde Mademoiselle avec de la sympathie, de l’estime, quelque chose de chaud que ses yeux ne possèdent pas d’ordinaire quand ils s’arrêtent sur Mademoiselle à laquelle il témoigne une politesse courtoise et quelconque.
— Votre idée est excellente, mademoiselle. Aussi vais-je m’appliquer à la mettre en pratique et sans retard !… Mais, dites-moi, vous aimez bien ma nièce ?
— Oh ! oui, elle est si bonne pour moi !