— Oncle, je crois bien que l’humidité m’a ankylosée… Je ne peux plus me remuer… S’il vous plaît, recevez-moi dans vos bras !
Oh ! cette voix gaie !… Que René trouve bon de l’entendre !…
Guillemette s’est dressée dans la voiture, enveloppée du lourd manteau qui transforme sa silhouette. Elle lui tend ses deux mains et saute en chancelant. Il la reçoit contre sa poitrine, ainsi qu’une enfant très précieuse et murmure, sans réfléchir à ses paroles :
— Ah ! chérie, petite chérie, petite aimée… Quelle peur vous m’avez faite !
Une seconde, ni lui ni elle ne bougent dans la douceur, elle, de se sentir très chère, lui, de l’avoir vivante entre ses bras, après l’horrible crainte.
La tête appuyée sur l’épaule de René qui l’enveloppe étroitement, elle répond, la voix assourdie :
— Merci, oncle, d’avoir eu peur pour moi !… Je regrette de vous avoir tourmenté…
Près d’eux, l’auto s’ébranle bruyamment et fuit. Ils sont seuls dans la nuit, sous le large ciel noir. René en prend soudain conscience. Il desserre aussi tôt son étreinte.
— Vite, Guillemette, pour vous réchauffer… Marchons !
— Me réchauffer ! j’en ai besoin !… Courons plutôt, mon oncle, si possible !