— Guillemette, je ne vous entends pas remuer. Vous vous habillez, n’est-ce pas ? demande la voix douce de Mademoiselle.

— Oui… oui ! dit Guillemette qui regarde sa montre avec terreur. Et elle a raison !

Heureusement, elle est d’une prodigieuse vivacité dès qu’il le faut. Mais tout de même, quand se met à sonner ce terrible premier coup de la messe, elle est encore en jupon, les épaules nues, piquant, d’un doigt preste, les dernières épingles dans ses cheveux.

A son tour, Mademoiselle répète :

— Guillemette, vous venez ?… Le premier coup finit de tinter.

— Ah ! Dieu ! je le sais ! s’exclame Guillemette qui, impatientée, voudrait anéantir ces malencontreuses cloches. M’selle, je vous en prie, allez en avant avec maman et Mad. Je marche plus vite et je vous rattraperai. Qu’André m’attende !

Mais André est déjà parti pour un petit tour matinal, avant la messe, quand Guillemette apparaît, cinq minutes plus tard, dépitée contre elle-même d’avoir dû, par sa faute, s’habiller en coup de vent et accepter, sans aucune recherche coquette, les ceinture, cravate, chapeau, que lui présentait, en hâte, la femme de chambre. Elle se sent d’une humeur de porc-épic et envie de toute son âme Nicole dont les fenêtres sont encore voilées de leurs rideaux et qui, sûrement, va s’habiller en paix, et être jolie… jolie !…

— Moi aussi, j’aurais pu être jolie ! marmotte-t-elle. Et par ma faute… Enfin tant pis !

Elle traverse, en courant, le vestibule. Les cloches ont fait silence. C’est le deuxième coup qui se prépare.

Devant le perron, elle aperçoit une silhouette d’homme.