— Oh ! mon oncle ! c’est vous ?

— Oui, petite fille, je vous attendais pour vous escorter, Mademoiselle m’ayant averti que vous la suiviez à quelque distance.

Elle a un rire gai, soudain sa méchante humeur s’est évanouie ; et elle éprouve une jouissance enfantine de la limpidité du ciel d’août, bleu comme la mer qui ondule avec des moires soyeuses.

Vite, elle marche aux côtés de René, à travers le jardin ruisselant de soleil, puis sur la route dévalant vers l’église, sous le dôme des branches.

— C’est gentil cela, mon oncle, de m’avoir attendue !… Je n’aurais jamais pensé avoir votre escorte !… Je ne croyais pas que vous partiez maintenant à l’église.

— Mais, Guillemette, est-ce que la messe n’est pas à neuf heures ?

— Oui… oui… seulement, d’ordinaire, les messieurs n’arrivent guère que pour la sortie…

— Ah ! très bien !… Mais probablement parce que je reviens d’Afrique, j’ai de très mauvaises habitudes ; et comme dans ma première jeunesse, je me crois obligé d’arriver pour le commencement.

Elle lui jette un regard où il y a tout ensemble de l’estime et de l’amitié.

Elle aime les gens qui ont le courage de leurs convictions, — fussent-elles même détestables… Mais ici ce n’est pas le cas… Et son sentiment se trahit tout de suite :