— Mon oncle, vous avez joliment raison d’agir comme vous pensez !… Seulement, c’est tant pis pour votre avenir militaire !

René a un coup d’œil surpris vers cette petite fille qui connaît si bien les vilains dessous de la politique.

— Alors, vous croyez, docte Guillemette, qu’il m’en cuira d’avoir écouté tout au long la messe des baigneurs à Houlgate ?

— Celle-là et d’autres, n’est-ce pas ? oncle. A Madagascar, cela ne tirait peut-être pas à conséquence, mais en France, il paraît que c’est une autre affaire… Tout de même, je suis très contente que vous soyez brave sur ce chapitre-là aussi !

— Merci, petite Guillemette, dit-il, touché de cette approbation juvénile.

Tous deux font quelques pas en silence, distraits par leurs propres réflexions. C’est elle qui reprend, frôlant de son ombrelle les petites herbes de la route :

— Oh ! oui, certes, bien plus qu’autrefois, oncle René, j’ai pour vous, — par moments, pas toujours, — de la vénération !

Il ne paraît pas flatté du tout.

— Guillemette, voilà encore que vous vous moquez de moi !

— Oh ! non, mon oncle, je ne me le permettrais pas… Je vous dis tout bonnement ce que je pense parce que vous m’inspirez très grande confiance… Je ne serais pas étonnée que j’en arrive à vous prendre pour confesseur laïque… J’irais à vous quand j’aurais besoin d’un confident de choix !