— Guillemette, je suis très touché, très honoré… Mais ce serait intimidant pour moi, un rôle pareil !
— Pourquoi donc ?
Elle lève vers lui de larges prunelles que l’auréole du chapeau ombre délicatement. Ses joues ressemblent aux pétales d’une rose de France.
— Pourquoi ? Mais parce que je craindrais à très juste titre de n’être pas à la hauteur. Et puis, vraiment, je ne me sens pas encore l’âge de l’emploi !
Sans réfléchir, elle riposte :
— Oh ! pour moi, vous n’êtes pas un jeune homme !
Tout de suite, elle se reprend :
— Vous êtes mon oncle, un oncle étonnamment sage… Oh ! certes, vous avez l’air plus sage que papa… Je suis certaine que vous seriez incapable de faire quelque bonne grosse sottise !
Elle lance cet aveu si drôlement que René se met à rire, encore qu’il soit peu charmé de l’opinion édifiante que Guillemette a de lui.
— Ma nièce, vous paraissez regretter que je n’aie pas le goût — et c’est exact ! — de me mettre d’affreux méfaits sur la conscience…