Parmi les enfants, Mme Seyntis compte Guillemette qui n’en a cure ; car au milieu du brouhaha des conversations, elle a entendu l’oncle René dire à Nicole ces mots qui l’ont étonnée :

— Je ne m’attendais guère à vous voir ici ce matin !

De sa voix musicale, la jeune femme a riposté ironiquement :

— Mon cher ami, je me souviens des enseignements reçus dans ma prime jeunesse : « Malheur à celui par qui vient le scandale. »

Il n’a pas répondu. Peut-être, y avait-il au fond de ses yeux noirs quelque chose qu’elle ne voulait pas y lire… Brusquement, elle s’est détournée et s’est prise à causer avec la jeune baronne de Coriolis qui, entre les cils, considère tendrement son mari.

Guillemette, elle, laissant Mademoiselle et Mad cheminer l’une près de l’autre, se met à marcher auprès de l’oncle René que, sans trop savoir pourquoi, elle n’est pas fâchée de retenir loin de Nicole.

Mme de Miolan avance devant eux, descendant aussi vers la plage. Elle va d’une allure très lente. Hawford l’accompagne. Près d’eux, est également Raymond Seyntis.

Hawford cause, et elle écoute, la tête un peu penchée. Le soleil met des lueurs d’or dans le nœud lourd de ses cheveux. Et spontanément, Guillemette s’exclame :

— Comme Nicole est belle ! N’est-ce pas ? mon oncle. Quand je la regarde, je me demande toujours comment son mari peut se passer d’elle !… Vous, pas ? »

Une sorte de soif l’envahit de savoir ce qu’il pense. Ainsi Ève fut attirée par le fruit défendu.