— Vous trouvez mieux qu’elle soit unique en notre famille ?

René la regarde, surpris, et de sa manière sérieuse explique :

— Je crains qu’elle ne se rende très malheureuse ! Et c’est pourquoi, ma chère petite fille, je serais désolé de vous voir lui ressembler… Voilà tout !

Guillemette est apaisée. Même, elle éprouve une sorte de sécurité joyeuse dans le sentiment que l’oncle René est soucieux de son bonheur. Quand Nicole sera partie pour Dinard, elle l’aura de nouveau à elle toute seule, comme avant l’arrivée des invités.

C’était bien plus agréable !

Elle est interrompue dans ses réflexions parce qu’ils atteignent la plage où, autour de Nicole et de Mme de Coriolis, s’élaborent des projets de promenade pour l’après-midi.

IX

Cinq jours plus tard.

Il fait chaud, très chaud. Le soleil brûle la poussière… Et cependant toute la jeunesse des Passiflores est partie en promenade pédestre, sous le regard mécontent de M. d’Harbourg qui s’est évertué à proclamer « absurde » une excursion par cette température sénégalienne.

Ses conseils ayant eu le sort de la prédication de Jean au désert, il s’est dignement retiré dans le fumoir solitaire, — Raymond Seyntis est à Paris — et y somnole sur les journaux, maugréant contre les mouches qui s’agitent autour de lui, et même évoluent sans façon sur son avenante personne.