— D’Arlette ! répéta-t-il, quittant l’attitude nonchalante qu’il avait prise, adossé à la cheminée. Qu’est-ce que cette femme écervelée peut bien lui vouloir !
— Du bien… car elle a le cœur excellent, si son esprit est peu rassis.
— Mais, enfin, quoi ? Prétend-elle faire d’Arlette son héritière ?
Pour le coup, Mme Chausey éclata d’un rire franc qui acheva de mettre Guy en déroute :
— Guy, tu devrais t’improviser romancier, catégorie des auteurs qui ne cultivent pas la vraisemblance. Tu as l’imagination fertile… malheureusement, il ne s’agit pas pour Arlette d’être transformée en héritière. C’est sous une autre forme que Mme Harvet songe à faire son bonheur ; elle pense à la marier…
— Marier Arlette ! Quelle est cette invention ?
Le visage aimable de Mme Chausey se rembrunit un peu.
— Une invention due au bon cœur de Mme Harvet. Elle m’a entendue plusieurs fois exprimer le désir de marier Arlette, et, comme elle entrevoit un parti convenable à m’offrir pour la fillette, elle m’envoie une série de renseignements à ce sujet.
— Et tu les reçois sérieusement, comme si tu ne la connaissais pas ?… Laissez donc en paix la pauvre petite ! C’est une vraie manie de vouloir ainsi marier tout le monde !
Il avait parlé avec une vivacité telle que sa sœur le regarda stupéfaite.