Elle s’arrêta. Le rose de ses joues s’était soudain accentué jusqu’à devenir un superbe incarnat, et les petits doigts dégantés tourmentaient le duvet souple du manchon. Guy, attentif, écoutait ; mais, comme elle se taisait, il interrogea encore :
— Eh bien, Arlette, qu’est-ce que Louise peut bien penser à votre sujet ?
Du bout des lèvres, se décidant, elle jeta vite, confiante et charmée :
— Elle veut me marier !
— Vraiment ! dit le jeune homme secoué d’une impression désagréable, bien qu’il s’attendît à la réponse. Vraiment ! Et peut-on savoir comment elle vous a mis en tête cette remarquable idée ?
— Guy, ne me trouvez pas trop ridicule ! Ces jours-ci, ce matin encore, elle a placé la conversation sur ce sujet, et, avec un air particulier, elle m’a demandé si cela me tenterait d’entrer en ménage.
— Et vous lui avez répondu que le mariage était à vos yeux le purgatoire sur la terre, et que vous vous garderiez bien d’en tâter ?
— Mais, pas du tout ! Je ne lui ai pas répondu cela ! Je ne pense rien de pareil !
— Pourtant, si j’ai bonne mémoire, vous m’avez fait des déclarations de ce genre à Douarnenez, sur la route même du Ris.
— Oh ! dans ce temps-là, j’avais seulement l’expérience de Mme Morgane ! Mais vous m’avez dit qu’il ne fallait pas y croire, et, maintenant, j’ai mon expérience à moi qui m’a montré que vous aviez raison !