— As-tu vu ma sœur ?
— Mme Chausey est là-bas auprès de Mme d’Estève, dans un groupe de parents, et elle attend que la jeunesse ait fini d’évoluer…
Guy eut un merci rapide ; puis, louvoyant parmi les spectateurs, il rejoignit sa sœur. Elle était fort entourée, et il dut remplir force devoirs de politesse avant de pouvoir lui adresser la question qui l’obsédait :
— As-tu des nouvelles de Douarnenez ?
— Non, aucune encore… C’est incroyable ! Arlette ne peut nous oublier… Je crains bien que son père ne soit très malade…
— Le père de qui ? questionna légèrement Mme d’Estève.
— Le père de ma jeune nièce, Arlette Morgane…
— Ah ! vraiment… il est malade ! Qu’a-t-il donc ?
— Une maladie de cœur, très grave.
— Vraiment ?… C’est dommage !… Elle était adorable, cette petite Arlette… Et si gaie !… Comme les jours se suivent et se ressemblent peu, pour nous autres, pauvres mortels !