— As-tu des lettres de Douarnenez ?
— Oui, ce matin même… J’ai reçu une lettre de Mlle Catherine…
— Qui te dit que…
— Que la position d’Arlette est bien telle que nous le craignions… Yves Morgane est mort ruiné, et Arlette demeure sans fortune aucune.
Mme Chausey enveloppa son frère d’un coup d’œil surpris. Comment, lui qui aimait Arlette, envisageait-il avec ce calme la situation difficile de la jeune fille ?
— Guy, c’est fort triste ! Que va devenir la pauvre petite ?
— Mlle Catherine et le capitaine nous demandent — comme représentant sa famille — de la laisser auprès d’eux… Ils l’adopteraient en quelque sorte. Mais Arlette n’aura pas, je l’espère, besoin de profiter de leur générosité…
Mme Chausey ne répondit pas tout de suite ; puis, lentement, elle dit :
— En effet, elle ne peut guère demeurer à leur charge, pas plus qu’à celle de son odieuse belle-mère… Sa vraie place me paraît auprès de nous… N’est-ce pas ton avis ?
Il se pencha et embrassa sa sœur sur les cheveux, ainsi qu’il faisait du temps qu’il était un petit garçon très caressant :