— Merci de l’avoir deviné, ma chérie… Merci de ta pensée elle-même…
— Qui est bien naturelle. Car, en somme, il s’agit d’une charmante petite fille que nous aimons tous… Pour mon compte, d’ailleurs, je gagnerai beaucoup à sa présence, puisqu’elle sera une société pour moi quand Madeleine à son tour sera mariée… Alors tu dis que la pauvre petite n’a plus rien comme fortune ?
— Rien, à peu près.
Et une joie montait en lui à l’idée qu’il lui donnerait cette fortune qu’elle n’avait pas ; que, grâce à lui, elle ne connaîtrait pas l’amertume des conditions dépendantes.
La voix de sa sœur le fit tressaillir.
— Guy, à quoi penses-tu ?
— A toute sorte de choses très sérieuses… Louise, dis-moi… tu t’intéresses vivement à Arlette ? Tu lui es attachée… sincèrement ?
— Très attachée ! répéta-t-elle, surprise.
— Tu t’intéresses à son avenir ?
— Certes, oui… Je ferai tout ce que je pourrai pour le lui préparer aussi heureux que possible… Je la garderai auprès de moi jusqu’au moment où j’aurai l’occasion de la bien marier… J’espère bien arriver à lui découvrir un parti meilleur que celui qu’avait trouvé Mme Harvet…