— Me chercher !!!

Son exclamation ressemblait à un cri de délivrance.

— Arlette chérie, vous serait-il très dur de quitter votre Douarnenez pour venir vivre à Paris ?

— Je n’aime plus Douarnenez maintenant, fit-elle, les lèvres tremblantes… Je ne l’aime plus que dans le passé, parce qu’il y a vécu… C’est la demande que vous vouliez me faire ? Oh ! emmenez-moi !… Ne me laissez plus !… Où vous voudrez m’emmener j’irai, Guy…

Il sentit qu’elle disait vrai, que partout où il lui aurait demandé d’aller, elle l’aurait suivi, confiante, parce qu’elle avait foi en lui et, d’âme, était déjà toute sienne.

Une joie ardente le fit tressaillir, telle qu’il n’en avait jamais connu de semblable. Alors, dans les siennes, emprisonnant une des chères petites mains, il interrogea avec une tendresse infinie :

— Et vous ne me demandez même pas où je souhaite de vous emmener, Arlette ?

— Près de ma tante !

— Oui, d’abord, pour quelques semaines, pour le temps que vous déciderez vous-même, jusqu’au jour où vous m’aurez enfin donné le droit…

Il s’arrêta un peu, puis sa voix monta tout ensemble grave et suppliante, attirant vers lui l’âme même d’Arlette :