— Et moi, Arlette, il y a bien des jours aussi que j’attendais cette minute !

— Vous êtes arrivé quand ?

— Il y a une heure environ.

— Et c’est vous qui étiez avec le capitaine ?

— Oui, j’avais une demande à lui adresser.

Et Guy se tourna à demi vers le vieil homme, qui écoutait, une indéfinissable expression sur sa bonne figure aimable.

— Une demande à laquelle vous répondrez comme il vous conviendra, petite reine ; car, pour moi… M. de Pazanne, puisque Arlette est là pour vous tenir compagnie, je vais chercher Catherine.

Il s’éloigna, et Guy s’assit près de l’enfant, sans détacher son regard du jeune visage affiné et pâli, cherchant les yeux dont il adorait la flamme limpide.

— Oh ! Guy ! fit-elle presque bas. Pourquoi ne pouvez-vous pas rester toujours ? C’est bon quand vous êtes là !

— Non, je ne puis pas rester toujours… et pourtant, depuis que nous sommes séparés, j’ai découvert une chose : c’est que je ne pouvais plus me passer de votre présence, ma précieuse petite amie… et je suis venu vous chercher…