— Que ?…

— Que je le trouve tout à fait à mon idée !… Oh ! capitaine, je comprends qu’on déclare les jeunes gens charmants, quand ils sont si vifs, si gais, si aimables, quand ils vous baisent la main en arrivant et en partant, quand ils ont vu d’autres villes que Douarnenez, quand ils connaissent des quantités de choses que vous ne connaissez pas ! Car je suis sûre que mon cousin Guy sait beaucoup de choses que je ne sais pas !

— Naturellement, ma petite fille, naturellement ; il a bien plus étudié que vous…

— Mais, capitaine, je ne parle pas de ce qu’il a appris dans les livres ! Je parle de ce qu’on apprend dans… dans la vie, de tout ce que je ne peux pas deviner…

— Heureusement, car ce sont des choses qui ne vous regardent pas, Arlette.

— Mais c’est justement pour cela que j’ai tant envie de les savoir ! Dans les yeux de Guy, quand il m’écoute bavarder, toutes sortes d’idées passent, je le vois bien. Aussi, il y a des minutes où j’ai une envie folle de lui crier : « A quoi pensez-vous ?… » Et puis je n’ose pas…

— Par bonheur, ma petite fille, car il vous trouverait très indiscrète !

Le visage souriant du capitaine s’était rembruni devant la pluie d’éloges qui tombait sur ce Guy, et, la mine un peu déconfite, il demanda :

— Mais, enfin, comment est-il, votre cousin Guy ?

— Ni trop gros ni trop mince, et très grand ! plus que vous ! Et bien plus que moi ! Quand je lui parle, il faut que je lève le nez très haut pour voir s’il m’écoute !