En sursaut, Arlette se retourna. A quelques pas d’elle arrivait Mlle Catherine ; portant sa plus belle coiffe, ayant sous le bras son livre de prières, et accompagnée non seulement du docteur Morgane, mais de Guy lui-même.

— Comment, mon cousin, vous voici ? fit-elle stupéfaite, — et point fâchée.

— Oui, moi-même en personne ! M. Morgane m’a arrêté au passage, et Mlle Malouzec a été assez aimable pour m’autoriser à venir vous chercher avec monsieur votre père.

— Me chercher ?

— Parfaitement. Nous venons vous enlever pour déjeuner avec nous avant d’aller au Pardon.

— Père, vous viendrez aussi à Kergoat ? interrogea-t-elle, déjà joyeuse.

— Non, chérie, cela ne m’est pas possible… Je vous retrouverai ce soir. C’est ta tante qui te fait demander.

Il posait sa main sur la jeune tête brune. Mais Arlette, se dégageant très vite, attira d’un geste tendre cette main sous ses lèvres. Puis elle se prit à causer avec Guy ; et le capitaine étouffa un soupir résigné.

Il ne soupçonnait guère que ce Parisien redoutable allait, quelques instants plus tard, le conquérir à son tour, en admirant ses fleurs.

Le miracle se fit pourtant ; et quand, un quart d’heure après, Guy de Pazanne sortit du jardin qui fleurait bon les lis et les fraises, le brave capitaine ne considérait plus comme un ennemi ce beau grand garçon, surgi tout à coup de Paris pour occuper une cervelle de fillette. Aussi ne trouva-t-il rien à répondre quand, au moment du départ, son amie Arlette lui glissa d’un ton entendu :