— C’est-à-dire qu’elle me semble bien sévère dans ses jugements, et que tous les pauvres hommes ne méritent pas d’être ainsi voués aux gémonies. Demandez à Charlotte ce qu’elle en pense !

— Ce que je pense de quoi ? questionna la jeune fille, qui avait entendu au vol les paroles de Guy.

— Nous allons te raconter cela en voiture. Arlette a des renseignements à te demander.

Et Arlette, sans façon, adressa à sa cousine une série de questions qui eurent pour effet d’amener sur les lèvres de la jeune fiancée les déclarations les plus rassurantes, qu’Arlette recueillit avec une attention extrême et un intérêt non moins marqué. Évidemment, il ne lui était pas autrement désagréable que le sexe masculin ne fût pas bon seulement à englober dans une réprobation universelle.

Mme Chausey écoutait, très amusée :

— Arlette, savez-vous ce qu’il faut faire pour être bien convaincue que Charlotte ne s’attend pas à être inévitablement malheureuse ?

— Qu’est-ce, ma tante ?

— Il faut assister à son mariage !

Arlette leva vers Mme Chausey des yeux stupéfaits.

— Assister au mariage de Charlotte ! Oh ! cela me ferait un plaisir… énorme ! Mais ce n’est pas possible, puisqu’elle ne se mariera pas à Douarnenez…