— Vous êtes trop bonne, ma cousine, fit-il s’inclinant très amusé.

— Pourquoi est-elle trop bonne ? questionna Madeleine, qui venait de se lever du piano.

Les joues d’Arlette s’empourprèrent ; elle était tout à coup saisie de la conscience vague d’avoir dit quelque chose de tout à fait incorrect.

— Ah ! Guy, ne répétez pas mes paroles, je vous en supplie, implora-t-elle.

Madeleine, surprise, demanda :

— Comment, c’est un secret ?

— Non, pas un secret. Je vous raconterai de quoi il s’agit à un autre moment, quand nous serons toutes les deux seules ! Vous me le permettez, n’est-ce pas ?

Bien entendu, Madeleine permit, et Arlette, délivrée de son inquiétude, acheva en paix, et toute rassérénée, sa première soirée à Paris.

VIII

Le visage appuyé contre les vitres de la fenêtre, soulevant à demi le rideau, Arlette regardait au dehors, attendant la minute où sa tante et Madeleine allaient sortir de la maison pour monter dans le coupé qui les attendait… Quelques secondes encore de patience, et elles apparurent, traversant le trottoir. Puis, prêtes à entrer dans la voiture, elles levèrent la tête vers la croisée qui laissait entrevoir une mince silhouette, et envoyèrent un amical signe d’adieu à l’enfant que l’excessive prévoyance de Mme Chausey gardait au logis pour cause de rhume.