J’avais envie de m’écrier :

— Oh ! que je suis jolie !… Je suis contente d’être si jolie !…

Mais je ne l’ai pas fait parce que cela aurait été trop ridicule. Seulement, je ne pouvais pas m’empêcher de me regarder, et je crois bien que je m’adressais des sourires…

Si ce détestable M. Chambert m’avait vue ainsi, dans mon nuage bleu ciel, peut-être se serait-il aperçu que je ne suis pas une petite pensionnaire… Mais il n’était pas à cette soirée. C’est dommage ; j’aurais trouvé très amusant de le rencontrer dans le monde !

Anna, qui m’habillait, m’a demandé :

— Mademoiselle est-elle satisfaite ?

Si j’étais satisfaite !!!

Je lui ai répondu : « Oui » tout court ; j’avais peur d’en dire trop. Mais, au bout d’une minute, je n’ai pu m’empêcher d’ajouter :

— Est-ce que vous ne trouvez pas que le corsage fait des plis à la taille ?

Je savais bien le contraire ; mais c’était pour l’entendre me répéter qu’il m’allait bien, ce qui n’a pas manqué :