— Je vous en prie, monsieur, ne nous imprimez, pas toutes vives !… Surtout, ne faites pas mon portrait !… je ne le veux pas !…

Il m’a regardée gaiement :

— Vous m’en voudriez beaucoup ? même si vous n’étiez pas assez ressemblante pour que vos amis vous reconnussent ?

Je crois qu’il se moquait un peu de moi sous son extrême politesse, et j’ai eu envie de lui dire des choses désagréables… Mais je n’ai pas osé :

— Ce serait très mal ! et je serais si fâchée que je ne vous pardonnerais jamais, jamais !

Il a souri ; et d’un ton moitié sérieux, moitié plaisant :

— Eh bien, je vous promets, à mon grand regret, je vous assure, de ne jamais vous… peindre. Êtes-vous rassurée et avez-vous confiance dans ma parole ?

Je l’ai examiné une petite seconde pour voir s’il n’était pas trop moqueur ; mais son regard était si franc que j’ai été rassurée, et je lui ai répondu que je le croyais.

Juste à ce moment, comme je n’étais plus intimidée, comme nous commencions à bien causer, Mme de Charmoy est arrivée, suivie de ses deux filles. M. Chambert s’est levé pour partir… Nous sommes encore restées quelques minutes, le temps d’échanger des saluts et des compliments ; puis nous avons quitté Mme de Simiane.

En voiture, maman m’a dit :