Je m’approche de la table et j’aperçois le dernier numéro de la Revue parisienne, qui venait d’arriver et était encore dans son enveloppe.

La Revue parisienne ! les fameux portraits de M. Chambert !… tout se tenait.

Je demande à papa :

— Voulez-vous que j’ouvre la Revue parisienne ? Papa est distrait ; le compte rendu de la Chambre l’absorbe.

— Si tu veux, mon enfant.

Je ne me le fais pas répéter. Je prends un coupe-papier, et je commence à couper bien lentement pour avoir le temps de jeter un coup d’œil sur chaque feuillet — je ne lisais pas !… Non ! je regardais seulement ! — et j’aperçois : « Portraits de femmes : La Femme de devoir. »

J’avais maintenant un désir fou de savoir ce qu’il avait écrit et comment il écrivait…

« La Femme de devoir ! » ce ne pouvait être que convenable ! Pourtant, je n’osais pas… Je trouve si honteux de lire quelque chose en se cachant, malgré les belles théories des de Charmoy qui assurent que cela se fait très bien, et que toutes les jeunes filles en sont là !

Enfin, je n’y tiens plus, et je demande à papa :

— Puis-je lire la « Femme de devoir » ?