Je ne sais pourquoi, j’ai été tout à coup si contente de voir qu’il se souvenait de notre rencontre chez Mme de Simiane.

— Il ne faut jamais nous interroger, c’est trop effrayant !… En dehors du cours, c’est différent. Je vous analyserai tout ce que vous voudrez…

Miss Emely, ne comprenant rien à cette conversation, écoutait, enveloppée dans son caoutchouc.

— Paulette, here is the carriage.

J’ai encore fait une tentative pour ouvrir mon parapluie. M. Chambert l’a vu et m’a dit respectueusement :

— Voulez-vous me permettre, mademoiselle, de vous abriter jusqu’à votre voiture ?

J’ai un peu incliné la tête en signe de consentement. Je n’osais pas parler, j’avais peur qu’il ne devinât à ma voix comme j’étais contente…

Malheureusement, le trottoir a été traversé trop vite ; il me semblait si amusant de marcher ainsi à côté de lui, toute seule ! Miss Emely trottinait près de moi.

Comme le coupé partait, je me suis penchée un peu ; et il a répondu à mon petit signe de tête par un profond salut.

J’ai tout raconté à maman, aussitôt rentrée ; j’aimais encore mieux que ce fût par moi qu’elle apprît l’histoire…, au moins, je pouvais présenter les choses d’une manière favorable à mes intérêts.