— Mademoiselle Paule est, au contraire, une auditrice très attentive… Ce sont toujours ses yeux qui m’avertissent du degré d’intérêt que j’éveille dans mon public.

— Alors ils doivent vous dire que l’heure du cours passe trop vite !

Il s’est incliné, et je me suis aperçue que je venais de lui faire un compliment, en exprimant ma pensée toute sincère.

— Charles ! a appelé maman qui causait avec Mme Raoul ; n’êtes-vous pas très satisfait des conférences de M. l’abbé Dubors sur la « Bible devant la Science »…? Je disais à madame que, depuis un mois, Paulette s’en était enthousiasmée, et, à ma grande surprise, ne voulait plus en manquer une.

Depuis un mois ! c’est-à-dire depuis ma conversion, maman ne s’en est pas aperçue !…

Je n’ai rien compris au premier discours sur les « origines des Livres sacrés »… C’était trop savant.

Mais comme je voulais absolument devenir une femme sérieuse, j’ai persévéré ; et maintenant je commence à me reconnaître assez bien dans toute cette théologie !

Papa s’était rapproché avec le vieux M. Chambert ; et dans le coin des parents, on s’est mis à parler sermons, puis microbes, d’une façon si animée, que Mme de Charmoy ne devait plus reconnaître son salon.

Nous, les jeunes filles et les jeunes gens, nous étions installés tous ensemble à l’autre bout de la pièce. M. Michel était resté près de moi. Jeanne, son frère, Thérèse, Louise de Charmoy, le petit de Boynes, — que l’on trouve toujours partout, excepté dans son régiment, — se sont lancés dans une grande discussion sur les toilettes du bal costumé des Denans.

La conversation devenait générale, très animée. Comme personne ne faisait attention à moi, j’ai dit à M. Chambert :