— Ce n’est pas bien généreux de votre part d’avoir raconté à monsieur votre père ce… ce qui s’est passé au cours !… Vous savez que j’en étais très confuse !
Il m’a jeté un regard rapide, comme pour voir si je parlais sérieusement.
— M’en voulez-vous vraiment de l’avoir fait ?… Alors, je dois chercher une excuse à mon indiscrétion. Je croyais avoir été le premier coupable ; et comme mon père s’intéresse fort à votre cours, je lui avais fait ma confession… Il y a répondu en me déclarant qu’il trouvait…
Ici, M. Chambert s’est tout à coup arrêté avec un indéfinissable sourire.
— Que j’étais bien mal élevée, n’est-ce pas ? ai-je demandé très malheureuse.
— Oh ! comme vous êtes loin de la vérité ! Ma phrase est restée inachevée, parce qu’elle prenait l’allure d’un compliment si banal, que je n’ai pas osé vous l’offrir.
J’ai répondu trop vite comme à l’ordinaire :
— J’accepte toujours les compliments ! seulement, souvent je n’y crois pas… Mais j’aimerais beaucoup à en recevoir un de M. le docteur Chambert, car il ne peut jamais dire que la vérité !… Je suis si fière qu’il ait désiré connaître papa !
Le regard brillant de M. Michel est devenu très doux.
— Mon père, en venant ici, était fort désireux de s’y rencontrer avec M. de Marsay. Mais il souhaitait, je crois, tout autant, d’être présenté à Mlle Paule.