Bien sûr, il devait en être ainsi, car M. de Rouvres continuait du même ton bouleversé et vexé en même temps :
— Oh ! ne vous excusez pas, mademoiselle ! C’était un cri du cœur. Vous n’y pouvez rien !
Il avait raison : je n’y pouvais rien.
Plus je voulais réparer mon étourderie, plus je m’embrouillais. J’en arrivais à parler du plaisir que l’on peut éprouver quelquefois à danser avec des chaises !…
Lui, pendant ce temps, retrouvait ses esprits ; il s’est rappelé qu’il devait se montrer homme du monde et m’a demandé, d’un ton devenu irréprochable, si je voulais valser de nouveau.
Je n’avais pas même le courage de dire que j’étais fatiguée…, de trouver un prétexte. Je me suis laissé emporter au milieu du tourbillon.
Nous avons essayé de faire quelques pas, mais les danseurs étaient si nombreux qu’il nous a fallu arrêter…
Et je ne trouvais rien d’aimable à dire à ce M. de Rouvres pour lui faire oublier la réponse qui l’avait tant froissé. Il ne m’inspirait pas du tout !…
Nous étions près du petit salon où se trouvaient préparés les accessoires du cotillon, au milieu desquels trônait un superbe cor de chasse.
Je jetai sur eux des regards désespérés, cherchant un sujet de conversation, quand je m’aperçois tout à coup que les yeux de M. de Rouvres ont suivi les miens, et sont arrêtés sur le cor en question avec une complaisance des plus marquées.