Une idée lumineuse me vient. Il fallait être un fanatique hunter pour regarder un cor avec tant d’affection ! Et sans hésiter, je commence d’un air aimable, histoire de trouver une entrée en matière :

— Nous allons, je crois, tout à l’heure, pendant le cotillon, entendre sonner un hallali… N’êtes-vous pas, monsieur, très amateur de chasse ?

Ma phrase était pitoyable, et j’allais tout à fait à l’aventure, car une heure plus tôt, j’ignorais même l’existence de M. de Rouvres. Son visage s’éclaircit soudain.

— Oh ! extrêmement, mademoiselle. Oh ! extrêmement ! Chasser est un des plus grands plaisirs de ma vie !!!

Je retiens un soupir de soulagement. Comme j’étais bien tombée, mon Dieu !…

Je continue souriante :

— Je comprends ce goût, car j’ai vu une chasse à courre dans la forêt de Rambouillet ; et, la curée mise en dehors, j’ai conservé un charmant souvenir de ma journée.

Le visage de M. de Rouvres s’épanouissait de plus en plus.

— Je suis fier, mademoiselle, que vous compreniez mon enthousiasme. Oui, chasser est un des plus grands plaisirs de ma vie !!!

Je le savais bien, puisqu’il me l’avait déjà dit ! Mais j’étais décidée à être bonne jusqu’au bout, et je l’écoute avec attention.