Il s’en aperçoit, et poursuit enchanté :

— Il y a dans la chasse un imprévu qui lui donne ce charme irrésistible que les profanes ne peuvent pas comprendre. Ainsi, je me souviens : un jour, nous étions dans un petit bois de bouleaux, allant un peu à l’aventure. Nous n’avions guère rencontré que des lapins…

Je répète avec intérêt :

— Ah ! des lapins ?

— Oui, des lapins… Oh ! il y en avait beaucoup cette année… Beaucoup de faisans, aussi !…

Cela dit avec conviction, M. de Rouvres reprend, encouragé par mon air attentif :

— Tout à coup, nous entendons un bruissement dans les fourrés. Je regarde !… J’aperçois un chevreuil…, je tire…, l’animal tombe !… Je l’avais atteint à l’épaule… Et mes compagnons en étaient encore à se demander ce qui arrivait, a conclu M. de Rouvres, plein d’enthousiasme au souvenir de son exploit.

La valse allait finir. Je pouvais être aimable sans crainte de voir arriver après le chevreuil la biche, le cerf, les faons, toute la famille.

J’ai dit à M. de Rouvres avec mon plus gracieux sourire :

— Ce sont là, monsieur, de ces coups que les bons tireurs rencontrent seuls !