Il s’est incliné, en grand seigneur cette fois, et m’a répondu sur un ton qui n’était plus suffisant :

— Peut-être suis-je, en effet, d’une certaine habileté à la chasse ; mais, en tout cas, je suis un bien mauvais valseur !… Jamais, avant ce jour, mademoiselle, je ne l’avais ainsi regretté !…

Ce n’était vraiment pas mal tourné pour un jeune homme qui a les cheveux si ondulés. Aussi, nous sommes revenus à ma place bien réconciliés.

J’étais à peine assise, que Jeanne m’a chuchoté, en me montrant M. de Rouvres qui s’éloignait :

— Tu sais, ma chère, tu lui as tourné la tête !… Il a déclaré à Georges que tu étais la plus ravissante jeune fille qu’il ait jamais vue.

En moi-même, j’ai ajouté : « Et la plus malhonnête, sans doute ! » Mais j’ai répondu seulement à Jeanne :

— Il danse bien mal.

— Cela ne m’étonne pas, a-t-elle riposté ; il est surtout un grand chasseur devant l’Éternel !… (Ah ! je le savais !…) Mais tu lui apprendras… C’est une très belle conquête que tu as faite là !

Et elle a continué, comme si elle lisait un catalogue :

— Marquis de Rouvres ! Vieille noblesse ! Fortune princière ! Plus de père ! Une mère parfaite ! Un des plus fidèles défenseurs du trône et de l’autel !… Revient d’Angleterre, quittant ton nouveau « roy » !… Très en faveur auprès du prince de Galles !… Personnage à la cour d’Angleterre…