Jeanne aurait pu aller plus longtemps encore, j’étais trop saisie pour l’arrêter…
Il me trouvait « ravissante » ; il était défenseur « du trône et de l’autel » ; il était l’ami du futur roi d’Angleterre… Et moi, je lui avais laissé croire que je le trouvais un « stupide jeune homme » !…
Mon Dieu ! si maman l’apprenait ! Je la cherche des yeux, et je l’aperçois qui causait avec une dame très distinguée, aux cheveux gris encadrant un visage pâle.
— Mme de Rouvres, m’a murmuré Jeanne.
A ce moment, papa s’approche. Il venait… il venait m’avertir que Mme de Rouvres désirait me connaître !… Ah ! cela tombait bien !
La présentation s’est accomplie dans toutes les règles.
— J’avais remarqué dès mon arrivée cette petite tête blonde, m’a dit aimablement Mme de Rouvres ; et j’ai été très fière pour mon fils qu’il ait pu obtenir une valse.
Ah ! pauvre dame !… elle ne se doutait guère combien j’avais été peu polie avec son fils !
Sur un signe de Mme de Rouvres, il s’est approché ; et, pendant que les mères causaient, il m’a demandé respectueusement de lui accorder le cotillon.
Par bonheur, je l’avais déjà promis…