Je songeais que lui, le premier, m’avait inspiré le désir d’être autre chose qu’une poupée frivole, et révélé d’autres livres intéressants que les romans. Il m’avait appris à penser un peu par moi-même, donné cette jouissance de savoir comprendre un homme vraiment intelligent… Et pour cela, j’aurais voulu lui dire : « Merci » devant tout le monde, comme il avait parlé devant tout le monde !
Mais les sages convenances étaient là, impitoyables, à me répéter que je devais rester indifférente, bien que le cœur me battît d’émotion.
Oh ! quels mensonges elles vous font faire !
Quatre heures moins dix !… Quatre heures moins cinq !… Quatre heures !… C’était fini.
Il s’est levé, disant quelques mots d’adieu…
Toute l’assistance sortait. J’ai embrassé Mme Divoir, que j’aime bien depuis que je l’ai vue si tourmentée, cet hiver, de la maladie de sa petite fille. J’avais été trop sévère pour elle. Après tout, son mari ne méritait pas d’être beaucoup regretté !…
Quand j’ai rejoint maman, elle causait avec lui… je veux dire avec M. Michel. Et il racontait qu’il allait partir pour le Tyrol, comptant y passer quelques mois.
Il ne manquait plus que cela ! Avec M. de Rouvres qui est d’une amabilité insupportable et que nous rencontrons partout, mon malheur était complet !
La conversation a continué quelques instants.
— Paule va être bien privée de ne plus avoir vos conférences, monsieur, a dit maman.