— Et moi, je vous remercie de toute votre attention, m’a-t-il répondu simplement.

Maman lui a tendu la main ; moi aussi !… Et nous sommes parties… si vite !

Il viendra enfin !!… Cela m’est égal maintenant de dîner jeudi chez la marquise de Rouvres.

16 avril.

Il est venu… et je n’y étais pas !

Nous avions une matinée au cours de chant, et maman m’y avait envoyée.

Mon Dieu ! j’aurais été si heureuse de le voir ici !

Pendant le dîner, maman parlait à papa de cette visite. Il paraît que M. Michel et M. de Rouvres se sont trouvés en même temps à la maison, tous deux se connaissant déjà.

M. Chambert est parti le premier. Et alors Philippe de Rouvres a fait de lui un éloge enthousiaste ; puis il a demandé à maman s’il était vrai que M. Michel fût fiancé à la très belle Espagnole, Mlle d’Alvaro, qu’il admirait beaucoup l’automne dernier, à Biarritz.

Jusque-là, j’avais écouté avec un tel intérêt que j’oubliais de dîner. Mais quand maman a répété la question de M. de Rouvres, il m’a semblé tout à coup que je ne la voyais plus que de très loin, comme à travers un voile… et ses paroles m’arrivaient ainsi qu’un murmure confus, n’ayant pas de sens…