Je ne sais pourquoi, je m’imagine follement qu’elle pense à lui…, à M. Michel. Je détourne la tête pour que, dans la glace, elle ne me voie pas rougir, et je tâche de répondre d’un air détaché :
— Un beau jeune homme ?
Elle continuait à relever ses petites boucles, un peu froissées par son chapeau.
— Tu rougiras d’abord…, tu feras des cérémonies !… et puis tu finiras par l’épouser ; et… tu seras une charmante marquise de Rouvres !
Je répète désolée :
— Marquise de Rouvres ?… C’est de M. de Rouvres que tu parlais ?… Je l’ai en horreur, entends-tu ? ton marquis de Rouvres !
— Mon… mon… mon ! il n’est pas à moi, puisque je te le laisse !… riposte Jeanne. De qui donc croyais-tu que je voulais parler ?
Elle le savait bien, cette maligne Jeanne !…
Comme je ne répondais pas, elle continue avec une petite mine innocente qui manquait de conviction :
— Ah ! j’ai encore une nouvelle à t’apprendre. Mme de Charmoy a dit hier à maman que M. et Mme Raoul Chambert lui avaient promis leur visite, cet été, aux Varennes ; et…