Mais il ne songe guère à me donner cette joie… Il est bon pour moi, comme Suzanne l’est pour Patrice ; cela ne tire pas à conséquence avec les enfants !…
C’est toujours ainsi ; les personnes dont on ne se soucie pas — M. de Rouvres, par exemple, — on les voit chaque jour… Et celles dont la présence est très douce… s’en vont dans le Tyrol…
Pourvu qu’il n’y rencontre pas cette Mlle d’Alvaro !
Pourvu aussi qu’il n’y ait pas trop de jeunes filles dans le Tyrol !
24 avril.
Jeanne dînait ici.
Elle était arrivée un peu à l’avance afin que nous pussions causer.
Nous avions pris place sur mon petit canapé bas, près de la cheminée, le canapé des épanchements, comme nous l’appelons, à cause des confidences que nous y échangeons les lendemains de bal, en regardant le feu, quand le jour baisse.
Tout à coup, Jeanne se lève brusquement, va se poser devant la glace, fait semblant d’arranger ses cheveux et me demande :
— Que diras-tu, Paulette, si je te raconte qu’un beau jeune homme, le prince Charmant tout à fait, s’occupe beaucoup de toi ?