— Jeanne ! il se soucie de moi comme d’une pauvre noisette !

— Peut-être aime-t-il beaucoup les noisettes ; tu ne sais rien de ses goûts, m’a répondu Jeanne malicieusement.

— Je t’en prie, Jeanne, sois sérieuse.

— Sérieuse comme lui, n’est-ce pas ?

Nous nous sommes mises à rire toutes les deux, et nous avons été reprendre nos places sur le canapé des épanchements.

— Écoute, Paulette ! Je vais te raconter quelque chose. Tu sais que Georges est un connaisseur ?… eh bien, pas plus tard qu’hier, il m’a confié : « Chambert est tout à fait emballé sur le compte de Mlle de Marsay ; il ne prononce presque jamais son nom, mais il trouve toujours moyen de savoir tout ce qu’elle fait !… » Je suis bonne de te raconter cela ?

Je l’ai embrassée avec effusion.

— Tu es excellente ! Cherche quelque chose encore.

— J’ai peur que tu ne te montes trop la tête, m’a glissé Jeanne maternellement.

— Jeanne, ne sois pas méchante !