— Eh bien, il a dit une fois à Mme de Charmoy — c’est Claire qui l’a entendu — que tu étais une délicieuse enfant !
— Délicieuse ! C’est bien… Mais enfant !… toujours enfant !!
— Sois tranquille, Paulette, vous serez très heureux, a conclu Jeanne comme dans les contes de fées. Je te le donne bien volontiers ; il est trop sérieux, et aussi, par instants, un peu trop moqueur.
— Il ne l’est jamais avec moi !
— Je crois bien, il n’oserait pas. Tu lui as si bien répondu une fois au cours… Tu l’as secoué !!!…
— Heureusement nous sommes réconciliés, ai-je dit avec un soupir de soulagement. Comme il a dû me trouver ridicule !
— Paulette, ne sois donc pas si naïve. Tu ne lui as jamais paru plus charmante que ce jour-là… Tu sais bien, les hommes aiment ce qui les sort de l’ordinaire.
Involontairement, j’ai pensé à M. de Rouvres…
— Jeanne, j’ai peur que maman ne veuille me faire épouser le marquis de Rouvres…
— C’est probable, m’a-t-elle répondu paisiblement.