Une crainte terrible me saisit ; j’aurais dû me taire, mais je ne pouvais pas !
— Maman, n’est-ce pas de M. Chambert que vous voulez parler ?
Elle me regarde stupéfaite.
— M. Chambert !!! Mais il n’est question que du marquis de Rouvres… M. Chambert !… Tu veux épouser M. Chambert ?…
Cette perspective semblait lui paraître aussi monstrueuse que si j’avais souhaité d’épouser l’empereur de Chine !
Et moi, je ne trouvais même pas une larme ! Pourtant, toute mon âme me faisait mal ; et je restais immobile, regardant le tapis comme si j’allais y voir les débris de mes malheureuses espérances !
Maman répétait :
— Épouser M. Chambert !… Mais c’est ridicule !… Où as-tu pris une semblable idée ?… Tu es une enfant auprès de lui !…
Ah ! elle disait trop vrai ! Aussi, mes larmes se sont mises à couler…
Bonnes larmes qui arrivaient si à point ! D’abord elles faisaient du bien à mes pauvres nerfs ; et puis, elles étaient le seul moyen d’attendrir maman, qui répétait toujours machinalement :