— C’est absurde ! c’est absurde !…
Je ne voyais pourtant pas en quoi mon désir était absurde !
Au bout de quelques minutes, maman reprend comme involontairement :
— Paulette, il n’est pas possible que tu aimes M. Chambert ?
J’essuie un peu mes yeux :
— Je ne sais pas… je ne connais rien à ces sortes de choses !… Mais si j’apprenais maintenant son mariage, il me semble que tout me deviendrait égal, même d’épouser M. de Rouvres !
Maman avait le visage bouleversé. Elle m’a attirée près d’elle.
— Écoute, ma chérie ; ni ton père, ni moi, ne désirions te voir mariée toute jeune. Mais la recherche de M. de Rouvres étant particulièrement honorable, j’ai tenu à t’en parler ; car une telle union nous paraîtrait réunir bien des conditions de bonheur… Philippe de Rouvres est un excellent garçon, plein de…
— Plein de lui-même ! Oh ! oui, maman, ai-je interrompu, incapable d’en écouter davantage. Il est si ennuyeux !… Il n’a une conversation possible que lorsqu’il parle de ses succès à la chasse ou du prince de Galles !…
— Eh bien, ma Paulette, tu lui enseigneras comment on cause d’une façon intéressante à ton gré.