Pour passer le temps, je suis allée dans la chambre des enfants.

J’ai dû ouvrir la porte d’un coup bien nerveux, car Geneviève, plongée dans ses tricots, m’a regardée tout effarée :

— Comme tu as un air extraordinaire ! s’est-elle écriée.

Patrice, qui attelait ensemble un lion et un âne, les a quittés pour venir m’examiner :

— Elle n’a pas du tout une figure drôle, Gina. Elle est très jolie, seulement, et ses yeux sont tout brillants comme des étoiles !

Jamais je n’ai reçu un compliment qui m’ait fait tant de plaisir. Ah ! j’aurais voulu être dix fois plus jolie, pour qu’il me trouvât bien… lui !

J’avais mis ma petite robe grise du Vernissage parce que tout le monde dit qu’elle me va parfaitement ; mais il me semblait que mes cheveux ne faisaient pas bien comme à l’ordinaire…

Pour remercier Patrice, j’ai fini d’atteler le lion et l’âne qui ne voulaient absolument pas se laisser attacher, et je suis revenue dans ma chambre.

Maintenant, j’essaye d’écrire ; mais je ne sais pas ce que je mets… Que peuvent-ils dire tous en bas ?…

On monte !… Maman m’envoie chercher, j’en suis sûre !…