Maman est rentrée. On causait ; moi aussi, je parlais, mais sans savoir ce que je disais, car j’entendais toujours sa voix me murmurer :

« Paulette, je vous aime follement !… »

… Ce soir, il est encore venu m’apporter une vraie botte de fleurs, « en échange de mes violettes », m’a-t-il dit, avec cet accent qui me fait battre le cœur.

Et maintenant, je suis toute seule à écrire dans ma chambre. Maman m’a recommandé de dormir ; mais je ne peux pas !

Il fait une si admirable nuit, lumineuse, et veloutée, pleine d’étoiles… Et ses roses, les premières fleurs qu’il m’ait données, sont là tout près de moi et sentent si bon !

Je suis presque honteuse de mon bonheur en pensant qu’à cette heure, pendant que j’écris, il y a de pauvres gens qui souffrent !… Je voudrais pouvoir donner de la joie à tous les malheureux qui sont sur la terre ; et je suis sûre que Michel pense comme moi !…

Papa est rayonnant. Geneviève et Patrice aussi. — Patrice, sans savoir au juste pourquoi ! — Miss Emely ne cesse de me répéter :

— Oh ! my dear, dear child !

Et rien de plus…

Maman, ce soir, en m’embrassant, m’a demandé :