— Juste pour la conférence, remarqua Mme Salbrice. C’est à quatre heure, n’est-ce pas, qu’il parle, ce Morère ?
Cécile se jeta prudemment à la traverse pour éviter une riposte trop vive de Mme Vésale et dit, en riant, à Agnès :
— Puisque tu surgis à la minute, tu n’as pas contemplé la principale curiosité de l’Exposition ! Une fleur d’une espèce toute particulière, qui a des yeux, des cheveux, une taille à tourner la tête de tous ces messieurs, même d’Édouard.
Et elle désignait de la main son mari qui causait à quelques pas avec d’autres officiers, auxquels, par extraordinaire, s’était joint le docteur Paul.
— Cécile, quelle histoire racontes-tu là ?
— Une histoire vraie ! Demande à ces dames si, il y a un moment, nous n’avons pas vu entrer ici une fleur humaine, une charmante inconnue dont personne ne peut dire le nom… Elle est dans la serre, elle va repasser. Tu la verras… Qui est-elle ?… C’est intrigant… D’autant plus qu’elle est d’une beauté de premier ordre !
La commandante décréta :
— C’est quelque voyageuse arrêtée à Beaumont pour y visiter la cathédrale et qui aura entendu parler de notre Exposition.
— Hum !… une voyageuse en gants gris de perle, sans un atome de poussière sur sa toilette… et coiffée ! et habillée ! Si ces messieurs avaient suivi leur désir, au lieu de demeurer près de nous, en vertu des lois de la politesse, ils auraient tous, — oh ! discrètement, — emboîté le pas derrière elle… Maintenant, en attendant son retour, ils frémissent d’impatience… Avouez-le, monsieur d’Oriol. Tiens, la voilà ! Agnès, regarde !
Agnès tourna la tête, et une exclamation lui vint aux lèvres.