C’est si naturel de partager un peu !
24 novembre.
Germaine Roland a trouvé le seul vrai moyen de n’être plus envoyée au cours : elle se marie.
Elle épouse M. d’Auberive, capitaine de dragons ; elle va être obligée d’aller s’enfouir dans une garnison quelconque… et elle est enchantée.
Tant mieux ! mon Dieu, tant mieux ! mais je ne la comprends pas du tout ! En temps de paix, j’aime les militaires — les officiers, bien entendu — comme objets d’ornement, parce qu’ils sont très décoratifs dans un salon avec leurs uniformes… Quand je serai mariée, je tâcherai toujours d’avoir des généraux dans mes connaissances… Mais pendant les guerres, je les aime tous, les soldats et les officiers !… et pour de bon !
Maman avait l’air surprise de ce mariage.
Elle a dit à papa :
— Je n’aurais rien prévu de semblable à les voir ensemble, cet été, à la Christinière ; ils ne semblaient pas se rechercher beaucoup !
C’est étrange comme les parents oublient leur jeune temps !
Au contraire, Germaine et M. d’Auberive s’entendaient fort bien, tout en ne se parlant presque pas… Je l’avais remarqué plusieurs fois ; et surtout… j’avais vu…, la veille du départ de Germaine…