Maintenant qu’ils vont se marier, je peux bien raconter… dans mon journal…
Après le dîner, nous étions réunis sur la terrasse de la Christinière, car il faisait une soirée splendide, toute bleue et tout étoilée.
Une dame, je ne sais plus laquelle, inspirée par la beauté de la nuit, dit qu’il serait délicieux d’entendre à ce moment la marche du Songe d’une nuit d’été ; et comme Germaine est une véritable artiste, on lui demande naturellement si elle voudrait bien la jouer.
Germaine consent très volontiers, mais elle craignait de ne pas se la rappeler par cœur.
Maman répond aussitôt qu’elle a la partition du Songe à quatre mains ; et M. d’Auberive, qui est très bon musicien, — c’est rare pour un homme… drôle même pour un dragon — s’offre avec empressement à faire la seconde partie.
Maman nous envoie avec eux, Geneviève et moi, pour les installer, et puis aussi, je crois, parce que c’était plus convenable.
Ah ! ma présence a bien servi ! Comme j’avais mal à la tête, dès qu’ils commencent à jouer, je m’installe près de la fenêtre ouverte, dans un petit coin bien tranquille, d’où je les voyais parfaitement, et j’écoute…
C’était bien beau, cette marche dans la nuit, avec ce ciel transparent au-dessus de nous ! Aussi, quand ils ont fini, il y a un cri général :
— Encore ! encore !
De mon refuge, j’entends Germaine dire :