Ghislaine tressaillit à cette prière qui jaillissait imprévue de l’âme close de Josette. Du même ton assourdi qui fait les cœurs plus proches, elle dit :
— De tout mon cœur, ma bien chère petite enfant, je désire vous aimer et, si vous me le permettez, être pour vous une amie et… un peu aussi… une maman…
— Ne me parlez pas ainsi ! Il ne faut pas !… Vous ne me connaissez pas encore assez… Peut-être, ensuite, quand vous aurez vu comme je suis, vous voudriez vous reprendre… Et cela me ferait trop de mal !
Son exclamation ressemblait à un cri d’angoisse. Ghislaine l’attira dans ses bras.
— J’espère, Josette, que jamais je ne vous ferai de mal et que l’avenir dans lequel vous n’avez pas confiance vous sera aussi doux que je vous le souhaite, ma chérie.
Josette ne répondit pas. Comme un pauvre oiseau perdu qui a enfin trouvé un refuge, elle restait blottie contre Ghislaine, sans un mot, sans un mouvement, avec un abandon d’enfant qui se sent protégée…
Mais à la porte, un coup fut frappé. Brusquement alors, elle s’écarta et s’enfuit vers sa chambre. Ghislaine demanda :
— Qui est là ? Entrez.
C’était un domestique.
— Mme la marquise fait prier ces demoiselles de descendre au salon parce que le dîner va être annoncé.