— Pourquoi ?… Parce que…
Elle s’interrompit, et ses grands yeux s’arrêtèrent sur ceux de Ghislaine.
— J’aime mieux ne pas vous dire ma… raison ! En ce moment, vous êtes fâchée contre moi et vous ne me pardonneriez pas… Faites comme grand’mère, ne vous inquiétez pas à mon sujet. Jamais, je ne suis malade ; et pourtant, il paraît que je passe mon temps à commettre des imprudences ! Ce ne sera rien cette fois encore. Ne vous occupez pas de moi !
— Alors, enfant, si vous ne voulez pas que je m’occupe de vous, pourquoi vous occupez-vous de moi ?… Pourquoi y a-t-il une Josette qui apporte dans ma chambre des roses délicieuses ?…
— Ne parlez pas de cela, interrompit-elle de sa manière impétueuse, une étrange expression dans le regard. C’est par pur égoïsme que je vous ai offert ces fleurs… Pour qu’elles plaident ma cause près de vous !
— Josette, vous savez bien que cette cause est toujours gagnée d’avance…
La main de Ghislaine, d’un geste caressant, avait effleuré le petit visage ; elle le sentit si brûlant que son inquiétude la reprit.
— Sûrement, Josette, vous n’êtes pas bien. Il vaudrait mieux vous coucher, vous avez la fièvre.
L’enfant secoua sa tête volontaire.
— Jamais je ne me coucherai pour un rhume ! Grand’mère, cette fois, se moquerait de moi avec raison. D’ailleurs, voici qu’on annonce le dîner. Nous avons tout juste le temps de descendre. Ne dites pas à grand’mère que je suis lasse, n’est-ce pas ?