— Bonsoir, Josette, repose-toi. C’est incroyable de se laisser abattre ainsi comme un bébé pour un rhume ! Dis à Catherine de te monter à boire quelque chose de chaud. Demain, tu seras remise !

Josette ne répondit pas. Elle disparaissait comme une petite ombre pâle, avec un instinctif regard vers Ghislaine où il y avait une prière pour qu’elle vînt la retrouver…

Mais Mme de Maulde retint la jeune femme bien plus longtemps qu’elle ne s’y était attendue.

Quand elle put enfin regagner son appartement, il y avait une grande heure déjà que Josette l’avait quittée.

Elle arriva au seuil de la chambre de la fillette, dont la porte était restée ouverte sur le petit salon. La lampe y brûlait encore, et sa lumière, voilée de rose, tombait sur la figure menue de Josette. La tête fine, enfouie dans la sombre épaisseur des cheveux dénoués, creusait l’oreiller, et les yeux profonds regardaient fixement dans le vague.

Ghislaine demanda, s’approchant du lit :

— Vous ne dormez pas ? Josette.

— Non, je vous attendais. Je pensais bien que vous étiez trop bonne pour ne pas venir voir ce que je devenais !

La voix jeune s’élevait avec une douceur chaude et profonde. Ghislaine prit dans les siennes la main brûlante de la fillette, et demanda :

— Comment êtes-vous ? chérie.