— Pour vous cela !… quoique vous n’ayez guère été gentille de ne pas vouloir sortir à cheval ! Mais je suis bonne, Laine, et malgré votre méchant refus, je vous ai cueilli du chèvrefeuille !… Papa, d’ailleurs, m’a bien aidée…, pour les branches trop hautes… Voulez-vous que je vous le monte ?
Mais Ghislaine répondait :
— Je descends, chérie.
Quand elle apparut sur le seuil du perron, M. de Moraines avait mis sa fille à terre et donnait des ordres au palefrenier qui emmenait les chevaux. Pourtant, aussitôt, son regard enveloppa Ghislaine. Elle, sans prendre garde à lui, recevait les baisers de Josette et, passant ses doigts sur les joues fouettées par le vent, disait :
— Comme vous avez chaud, Josette ! Allez vite vous déshabiller !
— Oui, Laine. Mais où vous retrouverai-je ?
— Dans ma chambre. Quand vous serez prête, vous pourrez venir m’y retrouver, chérie.
Josette se pencha d’un geste caressant :
— Je ne vous dérangerai pas ? Vrai ? Vous voulez bien de votre petite ?
— Toujours, quand « ma petite » désire venir…